Je commence à bien saisir pourquoi les gens de ma génération ont une indifférence/sarcasme/découragement envers la société et le système. On parle de gens qui veulent travailler, veulent contribuer et ne pas être au crochet des autres. Pourtant leurs tentatives restent vaines comme si cette société, qui a besoin de main d’oeuvre comme jamais, prenait un malin plaisir à se foutre de leur gueule: “Tu as intérêt à faire ta part mais on va tout faire pour te mettre des bâtons dans les roues”.
Je vais vous faire part de quelques cas de personnes de mon entourage qui œuvrent dans des domaines complètement différents et qui pourtant vivent la même situation.
Premier cas: Un gars, fin vingtaine, formation en communications, a travaillé pendant quelques années dans le domaine de la télévision, incapable depuis des mois de se trouver un emploi dans son domaine. Décide de changer complètement de branche et de devenir briqueleur, car de toutes façons l’industrie de la construction manque de main d’œuvre depuis des années, donc emploi assuré. Mais faut-il premièrement avoir la chance de suivre la formation… Les cours sont complets pour la prochaine année. Comment peut-on avoir des quotas de formation quand on a besoin de monde! Alors que fait-il? Il prend des jobines en attendant.
Deuxième cas: Une fille mi-vingtaine, veut travailler en milieu carcéral et se dit: “Tiens en attendant le début de mes cours,”, qui eux aussi tardent à commencer, “je vais commencer par me faire la main en étant agent de sécurité”. Que des refus depuis, la raison étant qu’elle n’a pas de formation alors qu’il est évident, que plusieurs agent de sécurité n’ont aucune formation particulière.
Troisième cas: Un gars fin vingtaine, maîtrise en sciences, fait de la recherche en laboratoire pour tenter de guérir des maladies. Il est sous-payé pour le type d’emploi qu’il fait, mais c’est pas trop mal puisque c’est la seule façon qu’il peut avoir un emploi depuis que les différents paliers de gouvernement en coupant dans les subventions années après années forcent les centres de recherches à être créatifs pour boucler leurs fin de mois. Et quand ils ne seront plus capables de trouver du financement et bien il n’aura qu’à chercher ailleurs.
Quatrième et dernier cas : un gars, début trentaine, chirurgien cardiaque, commence à regarder pour travailler dans d’autres provinces canadiennes ou aux États-Unis car aucun hôpital au Québec semble avoir besoin de lui. Ai-je vraiment besoin d’expliquer l’absurdité de cette situation? J’ai personnellement bien hâte de rigoler lorsque qu’un médias sortira une belle statistique-choc des médecins qui quittent la Belle Province pour aller ailleurs.
J’entends déjà des gens dirent que c’est pas si pire que ça, qu’avant c’était bien pire. J’en suis conscient, mais c’est en perspective de ce que la société peut nous offrir, de ce qu’on s’est fait dire toute notre enfance sur le fait de faire ce qu’on aime et sur la perception et les attentes qu’ont les générations précédentes sur nous qu’il faut lire ce texte.
Si vous avez de l’eau à ajouter au moulin, il y a une belle section commentaires plus bas qui sert justement à ça.